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LE JURISCONSULTE

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jurisconsulte

Description :

Le jurisconsulte est le blogue personnel de Me Jean-Marie Mondésir, juriste-chercheur d'origine haïtienne, concepteur du premier portail Web juridique "Le juriste haïtien". Ce blogue lui a été consacré pour qu'il puisse émettre son opinion sur l'actualité juridique haïtienne. Me Mondésir est un ancien avocat militant, un langagier et chercheur en développement. Il a exercé en Haïti et ses pratiques touchent particulièrement les droits de la personne et de libertés civiles. Au Canada, il offre ses services professionnels à titredegestionnaire des organisations et consultant juridique. Depuis plus d'une quinzaine d'années, il a mis ses connaissances et ses expériences aux membres de sa communauté dans la région d'Ottawa- Gatineau. Il continue à encadrer les organisations communautaires et professionnelles et il est le président d' une société qui supporte les juristes d'expression française. Il conseille aussi les avocats haïtiens qui veulent se faire connaitre sur l'autoroute de l'information. Le portail Web spécialisé " Le juriste haïtien" dont il a créé en 2000 constitue sa précieuse contribution au système juridique haïtien. On y trouve un peu de tout sur son portail pour faciliter une meilleure compréhension du droit haïtien.

Tel.: 613-366-3435


AIDEZ-VOUS À RENFORCER LES CAPACITÉS DU SYSTÈME JURIDIQUE HAÏTIEN EN CONTRIBUANT À LA FORMATION DES PROFESSIONNELS DU DROIT.

Chers confrères,

Le portail du juriste haïtien vient de célébrer son dixième anniversaire de création en avril 2010. C'est le premier portail web spécialisé, consacré au traitement des renseignements relatifs au système juridique haïtien. Ce portail web est mis à jour de manière ponctuelle. Des hyperliens à caractère juridique s'y ajoutent de manière constante aussi. Le juriste haïtien est sur l'autoroute de l'information depuis avril 2000 pour assurer la promotion de nos juristes et le fonctionnement de notre système juridique. Il vise à offrir des renseignements de qualité pour répondre à vos désirs en matière juridique et linguistique. Les hyperliens du site peuvent être repérés à la suite de chaque texte, il suffit de cliquer sur l'image d'imprimante pour accéder au contenu intégral des textes de chaque segment.

Pour y accéder, plusieurs choix s'offrent à vous, cliquez ici http://www.chez.com/juristehaitien. Appuyez sur les boutons qui se situent à l'intérieur du cadran ( défilement du texte vers le haut ou vers le bas, bouton d'arrêt, bouton commencer au début du texte ou l'image imprimante). Chaque segment comprend quatre sous-segments qui se localisent au-dessus du cadran. Chercher bien et vous trouverez l'information qui vous intéresse sur le droit civil. Après votre visite, j'aimerais bien avoir vos commentaires en cliquant sur le drapeau bicolore ou en appuyant sur le livre d'or du site qui se situe au-dessus du cadran dans le segment droit d'opinions ou http://juristehaitien.chez.com/tables/droit_opinion/livreor.htm


Pour participer, il suffit d'inscrire "juriste haïtien" ou "juristehaitien" dans n'importe quel moteur de recherche et le tour sera joué en un tour de main. Ce portail est référencé par les grands moteurs de recherche, tels que: altavista, google, voila, yahoo, sympatico, la toile du Québec, juriguide et les sites haitiens les plus côtés.

Je voudrais créer un répertoire pour les juristes haïtiens sur ce portail, mais la contribution des ordres professionnels se fait attendre depuis très longtemps. Ce répertoire comprendra les noms des avocats militants ou non, juges , membres du barreau ou non, étudiants en droit. Si vous pouviez m'aider à repérer certains noms je serais très flatté de le constituer le plus tôt que possible. On a besoin seulement : nom, prénom, année de promotion, faculté ou école de droit, membre d'un barreau local ou à l'étranger).

La présence de votre cabinet d'avocat dans le répertoire du juriste haitien sera un atout majeur pour votre réussite professionnelle. Diffusez cette information auprès de vos collègues et amis...

Espérant compter sur votre précieuse contribution dans un avenir pas trop lointain, je vous prie, chers confrères, de bien vouloir agréer mes remerciements anticipés.

Jean Marie Mondésir
Juriste haïtien
Spécialiste en droit civil
Consultant en droit haïtien
Concepteur du site «Le juriste haïtien»
Rédacteur en chef " Le juriste haïtien"
Président de société des juristes haïtiens


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Que faut-il encore espérer de nos dirigeants?

Jean-Marie Mondésir

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Par :[media_1]
 

 
Dans les sociétés structurées et organisées où il existe des dirigeants soucieux du sort des plus défavorisés, lorsqu'une crise survient, l'État se mobilise pour assumer ses responsabilités. Ceci dit, tout chef d'État a l'obligation morale non seulement de protéger ses concitoyens, mais aussi il doit prendre des mesures pour assurer leur bien-être. C'est tout à fait le contraire qui se produit avec les dirigeants haïtiens. Leur insouciance et leur incompétence sont incontestables dans la gestion du séisme, de l'inondation, de l'épidémie de Choléra,  l'organisation des élections générales, etc.
 
On ne peut pas croire que le peuple haïtien continue de vivre dans ces conditions lamentables après le séisme qui a dévasté la Capitale et les régions avoisinantes. Avec l'aide des spécialistes étrangers, les recherches ont permis de dénombrer plus de 250.000 morts et 1,5 million de sans-abris. Des  milliers de gens ont abandonné les membres de leur famille dans les décombres des maisons effondrées sans pouvoir en faire le deuil. Au moment de cette dure épreuve, la communauté internationale était mobilisée pour intervenir en grand nombre de manière à répondre à l'urgence de la situation. Au lendemain de cette catastrophe, l'esprit humaniste qui a permis d'apaiser la souffrance des traumatisés ne se retrouve plus et l'État n'est pas en mesure d'en assurer la relève.
À bien remarquer, ce tremblement de terre a détruit non seulement l'architecture historique de Port-au-Prince, mais il a aussi laissé sans travail beaucoup de fonctionnaires. Le taux de chômage se chiffre à 60%. On peut imaginer les conséquences désastreuses d'un tel évènement sur l'économie du pays qui éprouve déjà bien des difficultés à démarrer.
On reconnait qu'avant le séisme du 12 janvier 2010, le pays était en proie à des problèmes sans précédent. La corruption s'érige en culture et le pouvoir d'achat se rétrécie au quotidien; l'endettement du pays augmente de manière continue, les régions se vident de leurs ressources et l'environnement se dégrade de façon constante. Les paysans sont laissés -pour-compte, les jeunes sont à la merci des proxénètes et des dealers de drogues. 
L'ampleur des dégâts étant si grave, on n'espère pas que les autorités haïtiennes mettent tout en ½uvre, dans un court délai, pour subvenir aux besoins prioritaires des survivants.  Cependant, on attend au moins un leadership responsable, animé d'une volonté politique susceptible d'adopter des mesures pouvant améliorer le sort de ces victimes. On ne peut pas accepter que le pays soit livré aux ONGs et aux firmes internationales sans la coordination des autorités gouvernementales. On a l'impression que l'appareil d'État est démissionnaire et personne ne se préoccupe de sauvegarder la souveraineté nationale. Les organisations non gouvernementales occupent le territoire sans aucun contrôle en offrant des services aux démunis qui en ont grandement besoin alors que l'État haïtien n'a fait preuve d'aucune vision ni de leadership nécessaire pour tenter de diriger l'aide au bénéfice de la population sinistrée. Il est bon de souligner qu'on ne peut indéfiniment se fier à la contribution des étrangers pour assumer nos responsabilités. Ce sont les autorités  compétentes qui doivent exercer leur contrôle sur la gestion de l'aide en mobilisant les ressources nécessaires pour secourir les sinistrés. Sinon, les victimes vont se sentir oubliées par leur propre dirigeant dont la mission consiste à les protéger.
 
Il est absurde de compter sur des promesses incessantes des pays donateurs pendant que des milliers de rescapés du séisme croupissent encore sous des bâches en plastique. Il est important de reconnaitre que les soi-disant pays amis d'Haïti ne se soucient guère d'un peuple en souffrance. Pour eux, l'heure n'est plus à panser les blessures  d'une nation corrompue. Ils sont à la recherche de leurs avantages en brandissant le spectre du pouvoir pour tenter de démontrer au monde entier que les leaders haïtiens ne sont pas sensibles aux conditions déplorables de leur population. Pendant ce temps, les survivants du séisme, de l'inondation et du choléra attendent un bon samaritain ou une organisation de charité pour leur venir en aide. Les femmes se font violer, exploiter par des gens sans scrupules qui abusent de leur situation révoltante. Les enfants traumatisés meurent de faim dans les camps et les familles vivant dans une promiscuité indescriptible  implorent le ciel pour un lendemain meilleur. Ce spectacle désolant interpelle la conscience des patriotes nationalistes pour s'interroger sur le leadership haïtien.
Après la catastrophe qui a plongé dans le deuil et la souffrance des milliers de famille; les survivants ne devraient pas chercher à se protéger de l'inondation et de l'épidémie de choléra. C'est très pénible de constater que  cette dernière a  déjà fait des milliers de victimes. On se plaint constamment de la quasi-inexistence du gouvernement pour supporter la population déshéritée.  Devant son insouciance démesurée, le peuple exige le remplacement de celui qui est actuellement à la tête de l'État. Voulant respecter le processus démocratique, la communauté internationale se mobilise pour organiser des élections générales afin de renforcer les institutions démocratiques. Les bailleurs de fond s'activent pour trouver un acteur soumis susceptible d'assurer la stabilité et la protection de ceux  qui ont des intérêts dans ce pays.
 
Nos leaders politiques sont prêts à accepter n'importe quel compromis avec le diable pour arriver au timon des affaires de l'État. Ils concoctent toutes sortes de stratagèmes pour attirer la sympathie de ce peuple meurtri. Depuis notre indépendance en 1804, la situation ne s'est guère améliorée. Les Haïtiens sont constamment divisés à cause des divergences idéologiques et politiques. Plus d'un pense que l'événement du 12 janvier 2010 allait constituer un élément déclencheur pouvant unifier la population haïtienne. Au lieu de serrer les coudes pour trouver une solution nationale qui reflète un large consensus, chacun cherche à tirer le couvercle sur son bord. Les Occidentaux pensent que la culture du peuple noir est liée au pouvoir politique. On doit leur donner un peu  raison parce que la réalité se traduit dans les faits. Même si un candidat n'a ni  l'étoffe d'un leader, ni la formation académique voire un programme politique adéquat, il rêve de diriger un pays pour régner en maitre et seigneur. Le leader haïtien reproduit les mêmes schémas de la période esclavagiste. On veut accéder au pouvoir non pas pour servir la collectivité, mais  pour s'enrichir avec ses acolytes au détriment de la majorité populaire. En Haïti, il est difficile de  croire à l'existence d'un dirigeant crédible qui soit capable d'apporter des idées novatrices pour la reconstruction de ce pays.
 Plus d'un croyait que les Haïtiens allaient s'entendre pour exercer un leadership responsable dans la gestion de cette crise. Au contraire, une pléiade de pseudo-démocrates émergent et s'improvisent candidats pour participer a la course électorale. Ils ne peuvent  pas expliquer en détail où ils trouveront les ressources indispensables pouvant améliorer le sort des gens qui demeurent dans les camps. Ils ont enregistré des partis politiques avec des noms fantaisistes pour attirer des partisans. Ils n'ont aucun projet de société susceptible de répondre adéquatement aux besoins essentiels de la population sinistrée. On ne sait pas où ils ont trouvé le financement nécessaire pour assurer la gouvernance de leur parti politique. Le ministère de justice possède une longue liste de partis électoralistes qui ont pignon sur rue à la Capitale. Ces partis sans aucun fondement idéologique  constituent un dilemme pour le pays. Ils n'ont pas les moyens de supporter leurs candidats lors des élections générales, ils servent de paravents pour permettre aux candidats nantis de trouver une assise qui favorise leur participation à la course électorale. Lorsque les candidats soutenus parviennent à être élus, il serait difficile de leur imposer une ligne de parti. De là, ils cherchent à tirer avantage de leur position ou de leur fonction au Parlement ou à la Magistrature de l'État. Ce déficit démocratique accentue le dégoût de la population pour la vie politique de son pays. Ce qui rend fragile les institutions démocratiques depuis la chute du régime des Duvalier le 7 février 1986.
 
Au lendemain du séisme, plusieurs rencontres ont été tenues à Montréal, à New York et en République dominicaine pour discuter de la  reconstruction d'Haïti. Les pays donateurs ont fait des promesses qui s'élèvent à près de 4 milliards de dollars américains. Le club de Paris, le FMI et la Banque mondiale annulent les dettes d'Haïti qui ont été considérées comme un fardeau pour ce pays. Avec la promesse d'aide de la communauté internationale, les pseudo-leaders estiment que le moment est venu pour se lancer dans la course. Tout le monde pense détenir la baguette magique pour trouver à court terme des solutions à un problème récurrent. Ce ne sont pas les idées qui manquent pour reconstruire ce pays sur de nouvelles bases. Ce qu'on doit comprendre, c'est que  le temps n'est plus aux beaux discours, car le peuple a grand besoin d'un dirigeant qui pose des actions concrètes. Un leader qui comprend le cri de ses souffrances et qui  cherche des solutions durables pour répondre à ses principales revendications (travail, nourriture, logement, justice, sécurité, santé, éducation).
Pour y arriver, il est absolument nécessaire de commencer par instaurer l'autorité de l'État; renforcer les institutions politico-juridico-administratives, procéder à la déconcentration des services publics; instituer la décentralisation politico-administrative des régions; combattre la corruption des fonctionnaires dans l'administration publique; encadrer le secteur informel du pays; favoriser l'économie sur le plan régional; attirer l'investissement étranger et la diaspora; encourager la production nationale; protéger l'environnement; valoriser les ressources existantes pour une redéfinition de la mission de l'université; capitaliser sur les retraités de la diaspora haïtienne en matière d'éducation et de santé, etc. Nous croyons que la reconstruction d'Haïti est possible à condition que nos frères et nos s½urs s'approprient véritablement de leur pays sans exclusion. Pendant l'année 2010, ce pays a offert un triste spectacle à l'échelle internationale et la fierté des Haïtiens en a pris un grand coup. L'unité dans la diversité doit être la seule boussole qui  permettra à notre chère patrie de mettre le cap  sur le progrès. C'est dans le cadre d'une politique de bonne gouvernance où le secteur privé et la société civile jouent adéquatement leur rôle comme partenaires qu'on arrivera à reconstruire notre chère Haïti dans l'intérêt de tous.
 



 
Jean-Marie Mondésir (12-12-2010)
Juriste haïtien
Spécialiste en droit civil
Consultant en droit haïtien
Tél. : 819-743-5195
 
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#Posté le dimanche 23 octobre 2011 21:41

Pensons globalement et agissons localement pour notre communauté...

 
Par
Jean-Marie Mondésir

Jean-Marie Mondésir

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 La région de la Côte sud-ouest d'Haïti, partant de Port-salut à Tiburon, fait face à des difficultés socio-économiques sans précédent. Cependant, cette région offre des opportunités énormes dans les secteurs du tourisme, de l'artisanat, de la pêche, de la culture et du sport pour attirer des investissements étrangers de manière à renforcer l'économie locale.  Si les acteurs concernés et les élus locaux acceptaient de travailler ensemble dans la solidarité, on trouverait des solutions a la portée de la main pour freiner les disparités et les inégalités dans cette région. On doit reconnaître que les collectivités locales de cette région éprouvent des problèmes d'ordre politico-administratif et socio-culturel. On peut citer à titre d'exemples : problème de chômage, la sécheresse et l'érosion des terres; l'absence des activités culturelles et sportives pour nos jeunes; les infrastructures inadéquates qui ne permettent pas à des professionnels de rester dans leurs milieux respectifs pour travailler et survivre.
Alors que nos collectivités ne sont pas dépourvues de ressources ni de savoir-faire locaux qui peuvent contribuer a leur développement socio-économique. Il nous faudra tout d'abord une prise de conscience collective des citoyens et ensuite une volonté politique des dirigeants pour adopter des politiques régionales efficaces ou l'État occupera un rôle de coordonnateur dans la mise en ½uvre de certains projets qui répondent aux besoins des citoyens dans leur milieu de vie.
 
Nous devons  tout simplement apprendre à penser globalement pour la région de la Côte sud-ouest et agir localement de façon à faciliter le progrès et le changement des collectivités de Port-salut à Tiburon inclusivement.
Nous ne pouvons plus compter sur un État providence qui doit pourvoir tout à l'heure actuelle. La mondialisation de l'économie exige de nouvelles approches novatrices qui nécessitent la participation et la contribution des citoyens dans la prise des décisions. La région de la Côte sud-ouest possède beaucoup de ressources à l'extérieur qui pourraient fort bien contribuer à son développement sans pouvoir compter sur l'appui constant d'un État affaibli et corrompu. Cela ne veut pas dire que nous n'allons pas travailler en collaboration avec les élus locaux. Nous devons non seulement mobiliser les citoyens pour leur participation, mais aussi renforcer les capacités des organisations paysannes et des groupes de jeunes pour constituer une force solidaire qui soit capable de mettre en ½uvre un développement viable et durable. Tout d'abord, nous devons redéfinir la citoyenneté haïtienne en prenant conscience des erreurs du passé et reconstruire notre pays sur de nouvelles bases. La nouvelle citoyenneté que nous préconisons, exige la contribution et la participation de tous au développement des infrastructures locales.
 
Pour y arriver, nous devons commencer par éduquer notre population locale  pour qu'elle puisse s'aider elle-même et ne plus compter sur l'aide d'autrui, de l'État ou des organisations internationales. Par exemple :  l'école communale qui dessert nos enfants dans notre communauté, si elle se trouvait dans un mauvais état, les citoyens devaient se mettre ensemble pour y faire les réparations nécessaires. Il en est de même pour les dispensaires, le tribunal de paix, le bureau d'état civil ou le bureau de poste de la communauté. Le développement tel que nous l'avons conçu, nécessite la participation de tous les acteurs concernés indistinctement pour qu'ensemble nous identifions les priorités des collectivités locales. Nous devons éduquer nos citoyens pour qu'ils apprennent voler les biens de l'État, c'est  aussi voler les biens de la communauté. Il est utile de les inculquer les notions de civisme, de patriotisme et de solidarité pour que la politique et la religion ne constituent pas un cancer qui divisent constamment les fils d'une même collectivité.
 
Nous avons la possibilité de changer l'image de la région de la Côte sud-ouest d'Haïti si nous acceptions de mettre en commun nos savoir-faires et nos expériences pour donner une nouvelle voie aux citoyens de Port-Salut jusqu'à Tiburon inclusivement. La région de la Côte sud-ouest  représente un atout majeur pour favoriser le développement socio-économique des collectivités locales. La diaspora issue de cette région devra se mettre ensemble au-delà de toutes les considérations idéologiques pour penser globalement  la revitalisation de ces collectivités rurales ou en renforçant la structure organisationnelle existante afin de promouvoir le développement socio-économique, culturel et sportif de chaque communauté locale respective. Nous devons articuler nos projets de développement dans les secteurs du tourisme, de la pêche, de l'artisanat, de la culture et du sport. Il est grand temps pour que les citoyens qui vivent dans les régions du pays puissent compter sur leurs capacités et les ressources du milieu afin de prendre en main la destinée de cette région . Il y a trop de ressources qui sont éparpillées a travers le monde alors que le pays est en situation de détresse. La technologie de l'Internet doit nous servir de plate-forme pour communiquer des idées sérieuses susceptibles d'amener les acteurs impliqués dans le processus de reconstruction nationale a la solidarité citoyenne. C'est dans cet esprit que Charles Ludovic Espérance (alias Charlot), initiateur de FIDECSOH Canada m'a abordé avec d'autres personnes intéressées, originaires de la Côte sud pour partager sa grande vision  :  converger nos connaissances et nos ressources pour parler d'une seule voix de la Côte sud-ouest d'Haïti.
 
Un projet de Société a été lancé pour renforcer les initiatives déjà entreprises sur une base régionale. J'ai proposé l'idée de SODECSOH sur le profil de FIDECSOH. Je crois qu'avec la Société pour le développement de la Cote sud-ouest d'Haïti (SODECSOH), on offrira une tribune, une structure prestigieuse et responsable pour attirer les investissements dans les secteurs : tourisme, pêche, artisanat.  De plus, nous envisageons d'encadrer,  de supporter les élus et les organisations locales et de promouvoir la culture et le sport dans cette région.
 
 Il est important de s'approprier l'idée de SODECSOH pour que nous arrivions ensemble à changer des choses dans l'intérêt collectif. La balle est lancée aux citoyens de Port-salut, de Roche-à Bateau, de Damassin, des Coteaux, de  Port-à Piment, de Chadonnières, des Anglais, de Randel , de la Cahouane et de Tiburon pour que nous puissions parler d'une seule voix autour d'une organisation a but non lucratif prestigieuse qui soit l'expression des citoyens solidaires pour le progrès de leur communauté. La saison des fêtes patronales ne doit pas seulement constituer l'unique occasion pour parler de notre région. Nous n'avons pas seulement les belles plages, les sites touristiques enchanteurs, mais nous offrons aussi la sécurité et  l'hospitalité à ceux qui veulent apporter leur contribution à nos organisations locales.

 
Jean-Marie Mondesir
Juriste haitien
Specialiste en droit civil
Consultant en droit haïtien
Président de Société de juristes
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#Posté le dimanche 23 octobre 2011 21:37

POUR UNE MEILLEURE COMPRÉHENSION DU DROIT HAITIEN...

POUR UNE MEILLEURE COMPRÉHENSION DU DROIT HAITIEN...Par : Jean-Marie Mondésir

Le droit est le reflet d'une société, il évolue en fonction des m½urs, des traditions, des croyances culturelles et des coutumes locales. Serait-il le cas de la société haïtienne? En général, toute société qui veut se développer, établit toujours des normes, des principes et des règles de droit pour régir les rapports entre ses citoyens.
On constate fort souvent, les pays qui ont connu la colonisation, adoptent très souvent la langue, la culture, le modèle politique et économique de leur colonisateur. La République d'Haïti, ancienne colonie française n'y échappe pas à cette tendance. Ce pays conserve la structure du Droit civil français comme fondement de son système juridique pour régir les rapports entre ses citoyens après son accession à l'indépendance en 1804. Lorsqu'on parle de droit civil, il est important de le définir afin de le situer en contexte. Pour ainsi dire, le droit civil haïtien sera examiné sur deux angles différents, c'est-à-dire au sens strict et au sens large pour guider le lecteur-internaute dans sa démarche intellectuelle. Tout d'abord, il sera considéré comme étant une branche du droit privé qui contient les règles fondamentales relatives aux personnes, à la famille, aux biens et aux obligations. Par la suite, il sera évalué comme étant un système juridique issu de la famille romano-germanique. Ce système se base sur un droit écrit et codifié regroupant l'ensemble des règles qui portent sur une matière donnée et qui sont réunies dans un même texte législatif.

Ceci dit, le Droit civil constitue le régime juridique qui régit le droit commun en Haïti. Il fournit aux autres disciplines juridiques un bon nombre de ses notions fondamentales dans la pratique. Pour bien comprendre le fonctionnement du Droit civil haïtien, il est important de faire une analyse sommaire de ses fondements juridiques, de ses caractéristiques en tant que système. Par la suite, on énonce les approches méthodologiques des juristes haïtiens dans la pratique. En rédigeant ce texte, on ne prétend pas aborder toutes les facettes du système juridique haïtien. On cherche à dresser son portrait de manière à permettre aux utilisateurs du portail Web « Le juriste haïtien » de bien cerner les fondements et la portée du droit haïtien dans sa globalité.

Les fondements juridiques du droit haïtien


Avant d'aborder les fondements juridiques du droit haïtien, il est utile de définir la notion de droit civil pour ensuite la situer dans son contexte. Droit civil se compose de deux termes :Droit, pris dans son sens objectif, signifie l'ensemble des règles régissant la vie dans une société donnée et qui est sanctionnée par une autorité publique. Civil est un dérivé du mot latin civilis, de civis, signifie le citoyen, c'est-à-dire l'être humain ou la personne physique. La réunion de ces deux termes formant le Droit civil se définit dans son sens restrictif comme étant la branche du droit privé qui contient les règles fondamentales relatives aux personnes, à la famille, aux biens et aux obligations. Cette définition englobe la situation juridique d'un citoyen dans son ensemble depuis sa naissance jusqu'à sa mort dans le contexte du droit haïtien.

Le Droit civil en tant que système, par ses théories, ses pratiques et ses méthodes d'approches, constitue le droit commun applicable aux rapports des citoyens sur le plan individuel en Haïti. C'est un droit écrit et codifié qui est d'origine de la famille romano-germanique. Il régit le fonctionnement de toute la société haïtienne. Lorsqu'on parle de personne dans le Droit haïtien, il ne s'agit pas de la personne morale au sens de la Common law (société commerciale, compagnie, entreprise et autres) mais il s'agit plutôt de la personne physique. La personne, c'est l'être ou l'entité à laquelle la loi accorde la personnalité juridique, c'est-à-dire l'aptitude générale à être sujet des droits, à jouir de ses droits civils. Tout être humain possède la personnalité juridique; il a la pleine jouissance de ses droits civils. Le Droit civil rattache la personnalité juridique à l'existence de la personne humaine.

En réalité, la naissance marque le point de départ de l'acquisition de la personnalité juridique. Cette dernière se perd à la mort de cette personne physique. La condition de naissance vivante sera considérée comme parfaite si l'être humain a respiré complètement à sa naissance, s'il manifeste sa capacité d'avoir une vie autonome de celle de sa mère. La viabilité d'un enfant se présume lorsqu'il est né vivant. D'où l'importance de la maxime : «Infans conceptus pro nato habetur quoties de commodis ejus agitur» (l'enfant conçu est considéré comme né chaque fois qu'il s'agit de ses intérêts). Tout cela nous amène à dire que le f½tus ne bénéficie aucune protection juridique dans un système de droit civil. En un mot, le droit civil s'intéresse à l'être humain qui est né vivant et détenant une identité qui l'identifie objectivement comme étant une personne physique. C'est aussi cette personne qui possède la capacité de jouissance et d'exercice de ses droits civils, etc.
Il en est de même pour les droits de la personnalité (droit au respect à sa dignité, à sa sécurité, à sa vie privée, à sa réputation et le droit au respect de sa personne, etc.). L'être humain, jouissant de ses capacités juridiques, peut se marier pour fonder une famille; faire des prêts et des donations; acheter, aliéner et vendre ses biens; contracter des obligations; engager sa responsabilité civile et limiter ses responsabilités extracontractuelles par une police d'assurance, etc. On se réserve le droit de ne pas aborder le rapport de l'État avec ses citoyens dans cet article. Pour ainsi dire, c'est la méthodologie classique qui est adoptée dans les matières relevant du droit public dans les pays de traditions civilistes. En résumé, c'est en peu de mots l'ensemble de ces situations juridiques qui constitue l'essence et les fondements du droit haïtien.

Les caractéristiques du système juridique haïtien

Le Droit civil, en tant que système, c'est d'abord un grand réservoir de techniques, voire d'idées. Il constitue un corps de règles dont ni la cohérence, ni l'inspiration ne peuvent être méconnues; ses principes et ses qualifications innervent tout le Droit haïtien. On retrouve toute la morphologie juridique française dans les lois haïtiennes. On doit se rappeler que dans un système de droit civil, les lois ont un caractère général, universel et permanent et elles sont applicables à tout le monde. Elles sont demeurées toujours en vigueur tant qu'elles ne soient pas abrogées ou remplacées par une autre loi nouvelle.

Le Droit civil constitue le régime juridique qui régit le fonctionnement de toute la société civile haïtienne. Il ne reflète pas le droit des minorités, ni des comportements minoritaires. L'ensemble de la population ne souffre pas des règles écrites pour quelques individus ou quelques groupes spécifiques. Les règles et les principes juridiques sont édictés par le pouvoir public pour réglementer les relations entre les particuliers. Les dispositions juridiques énonçant les grands principes dans un domaine déterminé sont codifiées afin de permettre aux juristes de dégager la portée du Droit haïtien. Le Droit haïtien cherche à tenir compte de la mouvance de la société en essayant de s'ajuster à certaines transformations sociales. Les juges haïtiens doivent non seulement se préoccuper des changements sociaux, mais ils se doivent aussi de concilier le droit écrit aux coutumes et aux traditions locales lorsqu'ils rendent leurs décisions sur un litige civil ou familial. La richesse du droit civil est évidente et passionnante. Elle réside dans la masse considérable des raisonnements des juristes qui s'évertuent de manière constante à ½uvrer au développement du droit pour répondre aux besoins manifestes de l'évolution de la société.

La cohérence du Droit civil n'est pas moins caractéristique que son inspiration. C'est un ensemble ou tout est lié, toute forme d'un élément se répercute sur tous les autres et connaître telle solution suppose d'examiner celles qui l'entourent. Les règles civiles si diverses soient – elles, si différents sont leur objet, leur but et leur technique, contribuent dans une certaine mesure à la définition du citoyen ; et cette définition doit avoir sa logique. Ce sont ces faits qui caractérisent le système juridique haïtien dans son ensemble.

Les approches méthodologiques des juristes haïtiens

Le Droit civil en soi est un droit dialogique qui nécessite un haut degré de raisonnement. Un juriste-civiliste est avant tout, un maître du raisonnement. Son raisonnement se concrétise à partir de lois et de multiples considérations de justice, de morale et de circonstances opportunes. Le juriste-civiliste s'efforce d'aboutir à une solution juste par rapport à un problème juridique présenté dans un contexte particulier. Il poursuit cette démarche pour toutes les situations ou circonstances qui lui sont analogues. Pour y parvenir, il s'aide de la comparaison avec des décisions judiciaires antérieures (dont il vérifie scrupuleusement leurs valeurs); il s'inspire des argumentations élaborées par ses prédécesseurs pour bien cerner la portée de sa cause et en dégager un esprit de synthèse.
En un mot, le juriste-civiliste se base sur des principes établis par les règles de droit lorsqu'il s'agit d'analyser un problème juridique déterminé. Un civiliste ne se heurte pas à de trop grandes difficultés pour s'adapter à la réalité d'autres systèmes juridiques internationaux. Les approches et les fondements qui caractérisent sa logique dans la pratique constituent un élément fondamental qui détermine la finesse de ses méthodes de travail.
Il est bon de préciser dans un régime de Droit civil, les règles de droit sont de caractère universel, imposées par l'autorité publique pour assurer un ordre général et continu. Cette approche est similaire dans tous les pays qui héritent le système juridique d'origine de la famille romano-germanique. Sans oublier le droit coutumier et le droit musulman dans les grands systèmes de droit africain qui ont connu l'influence des deux grands courants juridiques (Droit civil et/ou Common law), d'une manière ou d'une autre, en fonction du pays colonisateur. Pour bien illustrer les approches méthodologiques des civilistes haïtiens dans la pratique, il est important de faire une analyse sommaire de quelques articles du Code civil haïtien établissant la responsabilité civile extra-contractuelle.

Art.-1168 Code civil haïtien équivalent à l'art. 1382 du Code civil français stipule : Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.
Art.-1169 C. c. h. équivalent à l'art.1383 du Code civil français. Chacun est responsable du dommage qu'il a causé, non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou son imprudence.
Art.-1170 C.c.h. équivalent à l'art.1384 du Code civil français. On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre ou des choses que l'on a sous sa garde. Le père et, après le décès du mari, la mère sont responsables du dommage causé par leurs enfants mineurs cohabitant avec eux. Les commettants, du dommage causé par leurs préposés, dans les fonctions auxquelles ils les ont employés. La responsabilité ci-dessus a lieu, à moins que les père et mère ne prouvent qu'ils n'ont pu empêcher le fait qui donne lieu à cette responsabilité.


Il est clair que ces dispositions juridiques énoncent les principes de responsabilité civile extra-contractuelle dans le droit haïtien. Elles peuvent contribuer aussi à bien saisir le fondement du principe général de responsabilité civile. Pour le juriste-civiliste, il y a un principe clair qui est établi à savoir : toute personne, capable de discerner le bien du mal, est responsable du dommage causé par sa faute à autrui, soit par son fait, soit par son imprudence, sa négligence ou son inhabilité (art.1168, 1169 C.c.h.).
Ce principe directeur guide et conditionne toutes les réclamations civiles résultant des préjudices subis ou des dommages causés aux autres. Ceci dit, dans une société organisée comme la nôtre, il est normal que tout être humain ait le devoir de respecter les règles de conduite qui suivant les circonstances, les usages ou la loi s'imposent à lui, de manière à ne pas causer de préjudices à autrui. Lorsqu'il manque à son devoir de prudence, il est tenu responsable du préjudice qu'il cause par sa faute à autrui. En conséquence, il est tenu de réparer ce préjudice qu'il soit corporel, moral ou matériel.

À bien remarquer, le principe de responsabilité civile extra-contractuelle invoque la notion de faute causant de préjudices ou dommages qui entraînent les réclamations ou la réparation de la victime (art.1168, 1169 C.c.h). Pour que ce principe s'applique, il doit exister tout d'abord un lien de causalité entre la faute reprochée et le préjudice subi ou le dommage causé à la victime.
De plus, il est bon de souligner aussi que le principe de responsabilité civile extra-contractuelle découle des délits et des quasi-délits. Le délit est un acte qui cause un dommage à autrui par la faute volontaire de son auteur. Par contre, dans le quasi-délit, la volonté de causer un préjudice n'intervient pas. Pour être plus concret, le délit se réalise lorsqu'on vandalise volontairement une chose ou un bien appartenant à quelqu'un. Ce faisant, on lui cause un dommage ou un préjudice qui exige certaines réparations. En revanche, si une voiture heurte un piéton par accident et cause à la victime un dommage corporel ou matériel de façon involontaire; le chauffeur de la voiture dans ce cas précis, commet un quasi-délit.

Dans les deux situations factuelles, la responsabilité civile extra-contractuelle de la personne (méfait aux biens et accident), la victime du méfait ou le piéton qui est blessé à la suite de cet accident impliquant la voiture, a droit à des réparations pour les préjudices subis. C'est aussi le principe de responsabilité civile qui est applicable à un degré différent quand on néglige d'honorer ses engagements contractuels ou lorsqu'on fait défaut d'acquitter une obligation contractuelle à laquelle on est tenu de faire ou de ne pas faire quelque chose. Il est utile de souligner aussi que l'être humain, doué de raison est également responsable des dommages causés par la faute de ceux dont il a le contrôle et des choses qu'il a sous sa garde (art.1170(1)C.c.h.).

Il en est ainsi des parents envers leurs enfants, des tuteurs envers leurs pupilles, des curateurs envers les interdits, des instituteurs par rapport aux élèves qu'ils ont sous leur surveillance (art 1170 (2)(3) C.c.h.). Il en est de même pour les employeurs envers leurs employés, les maîtres envers leur domestique, etc.(art.1170(3) C.c.h.). En revanche, en ce qui a trait à des situations ci-dessus évoquées, cette responsabilité civile n'a lieu cependant que lorsque la personne qui y est assujettie ne peut prouver qu'elle n'a pu empêcher le fait qui a causé le dommage ou le préjudice. On aura à approfondir cet aspect lorsqu'on abordera l'analyse du Code civil haïtien sur le Portail Web «Le juriste haïtien».

Enfin de compte, on estime que le Droit haïtien, à la lumière de ce qu'on vient de dégager, possède tous les éléments constitutifs pour être érigé comme système de Droit civil régissant le droit commun en Haïti. Bien entendu, il demeure évident que ce système reflète la réalité française quant au niveau du fond et de la forme. La jurisprudence haïtienne doit faire un effort considérable pour tenter de concilier les coutumes et les traditions du pays avec son système juridique. Ces dernières traduisent leurs valeurs culturelles du peuple haïtien dans les faits. Conscient que toute société évolue pour s'adapter à certaines réalités contemporaines; il est urgent de redéfinir par exemple le droit de la famille pour tenir compte des faits sociaux, tels que : le plaçage, le concubinage, l'enfant illégitime, etc.). C'est en adaptant le droit aux conditions socioéconomiques des citoyens qu'on parviendra à renforcer le Droit haïtien dans ses différents domaines.

Selon nous, le Droit haïtien doit ½uvrer davantage pour renforcer son autonomie de la France en innovant certains principes qui tiennent compte des réalités sociales du pays. En comparant le Droit civil québécois qui se modèle du Code de Napoléon à ses débuts, on constate qu'il dépasse grandement le Droit français dans la pratique et autres. Les Québécois innovent constamment leur système juridique et ils s'adaptent à la réalité évolutive de la société québécoise. Les juristes-civilistes québécois sont formés pour répondre adéquatement à la globalisation et à la mondialisation de leur secteur. À mon avis, ils en ont réussi à cause des influences de la Common law des autres provinces canadiennes. En résumé, on croit qu'il revient aux juristes haïtiens de se pencher sur ce retard lamentable et manifeste pour que le Droit haïtien puisse être démarqué des influences agressives du Droit français. De là, on procédera à la construction d'un système cohérent qui valorise les coutumes locales en se modelant de la pratique du droit africain. Cela peut se faire en empruntant la morphologie du Code de Napoléon, mais en respectant les valeurs culturelles des Haïtiens.

Jean-Marie Mondésir
Juriste haïtien
Spécialiste en droit civil
Consultant en droit haïtien
Tél.: 613-366-3435


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#Posté le dimanche 17 octobre 2010 23:24

Modifié le dimanche 23 octobre 2011 22:51

À QUOI SERVENT NOS PARTIS POLITIQUES?


Le jurisconsulte est très fier de s'approprier l'article de l'ingénieur-Agronome Jean-Érich René dans le but de le diffuser sur son blogue. Son texte dit tout haut ce que Me Jean-Marie Mondésir pense tout bas de l'éclosion instantanée des partis politiques en Haïti.

À chaque période pré-électorale en Haïti,on entend des nouveaux leaders qui émergent, se présentant sous la bannière des partis politiques farfelus,ayant des noms fanfaisistes pour briguer la présidence de ce pays. On se demande :Est-ce qu'ils ont un programme de société, une idéologie (droite, gauche, centre), une équipe formée et compétente pour diriger ce pays après le séisme du 12 janvier 2010? Est-ce qu'ils sont representatifs dans les dix départements géographiques? Ont-ils une stratégie au niveau national qui leur permettra de procéder à la décentralisation, au renforcement des capacités institutionnelles et à combattre la corruption dans le pays?Sont-ils vraiments des partis politiques ou des groupes de pressions politiques qui cherchent à avoir un poste au pouvoir exécutif? Quels sont leurs moyens de financement et leur structure organisationnelle? Où sont les vieux partis avec leur éternel leader après le 12 janvier 2010? Qu'est-ce qui explique l'émergence de nouveaux partis sans idéologie politique? L'article de M. René répond en majeure partie à ces interrogations infinies. À bien regarder, il n'existe pas en réalité de partis politiques qui soient en mesure de mobiliser le peuple haïtien. La preuve en est bien grande,après le renversement du régime des Duvalier en février 1986, aucun Parti n'était doté d'un programme de société visant à assurer la destinée de la nation. Ce pays n'a jamais connu de stabilité politique;les intellectuels et les pseudo-démocrates ne pensent à leurs intérêts mesquins. Eh bien! l'ingénieur-agronome Jean-Érich René dresse un portrait fidèle de la situation actuelle en Haïti, le jurisconsulte invite ses lecteurs à lire cet article...

À quoi servent nos Partis?

Jean Erich René

Le comportement irrationnel des Partis politiques et leur traitement arbitraire par le Conseil Electoral Provisoire suscitent bien des doutes et soulèvent beaucoup d'interrogations. Tout d'abord, nous n'arrivons pas à déterminer dans quels cadres de pensées évoluent nos Leaders Politiques ni leurs motivations réelles pour la course à la Présidence. En analysant les objectifs poursuivis par les différents locataires du Palais National élus aux suffrages universels, nous nous demandons comme Raymond Aron dans « L'opium intellectuel », s'il ne serait pas préférable de procéder à la mise au rancart de nos Partis politiques afin de les réformer. En effet, la plupart d'entre eux ne sont que de simples illusions d'optique c'est à dire des flocons de nuages qui transportent nos Présidents au Palais National mais qui s'estompent immédiatement après leurs prestations de serment.

Dans la conjoncture électorale actuelle notre plus grande déception vient de Jacques Edouard Alexis, un universitaire deux fois Premier Ministre, récusé par l'INITE s'est vite métamorphosé en Mobilisation pour le Progrès d'Haïti (MPH) qui n'est pas une variante idéologique de son Alma Mater. L'osmose politique témoigne de la faiblesse du solvant. Toutes les nations du monde ont connu leurs périodes de tâtonnement politique, mais la transition haïtienne est suicidaire. L'heure d'un réveil de conscience idéologique sonne. La Première République Noire indépendante du monde ne peut offrir un spectacle aussi décevant dans le champ de l'analyse politique. En toute vraisemblance nous sommes arrivés à « La fin de l'histoire et le dernier homme » selon le titre évocateur du livre de Francis Fukuyama. Cette thèse fut soutenue aussi par Hegel et Marx. Grâce à une prise de conscience matérialisée dans nos institutions, Haïti ne reviendra pas sous la domination d'autres colons mais écrira une nouvelle page d'histoire.

Les familles politiques haïtiennes actuellement ne sont pas des guides fiables pour une action constructive en vue de l'émancipation de notre société. Engagées dans des luttes sans grandeur et sans aucun intérêt pour l'avenir de la nation, elles n'affichent aucune marque distinctive, puisqu'elles se ressemblent comme deux gourdins et 50 centimes. Même lorsqu'elles tentent de se fusionner c'est pour élire un Président ou le cas échéant le renverser après avoir pété le plomb une fois au Palais National. Ce manque de cohérence, relevé au niveau de nos Partis politiques, est principalement dû à un vide idéologique patent, cautionné par l'absence d'un contenu doctrinal. Les portefeuilles ministériels, les postes diplomatiques etc. sont leurs seuls monnaies de change. Ces alliances hétéroclites fragilisent la vie nationale.

Quelles sont les idées rectrices de nos Candidats à la présidence admis par le CEP aux élections du 28 Novembre 2010, si elles auront lieu? Ce ne sont pas de vraies entités politiques qui sont en course pour le fauteuil présidentiel. Il n'y a pas lieu de les comparer puisque leurs contenus nébuleux ne résistent à aucun filtre. Il est décevant de ne pas pouvoir identifier les idées maitresses qui matérialisent leurs existences. Quant à la cohérence interne, n'en parlons pas. Nos Partis Politiques sont généralement coiffés par des Rois sans couronne. Ils n'ont de compte à rendre à personne, surtout sur les aspects financiers. Même quand les règlements du Parti exigent des élections,le choix du Dr Erick Dunois Cantave par la majorité comme Secrétaire Général du KONAKOM, a été écarté arbitrairement. D'où l'excroissance du KONAKOM du Renouveau. Cette conformation décalée s'observe également au niveau des autres formations politiques en ruine à la mort du Secrétaire Général. La gérontocratie tue nos Partis Politiques.

Définitivement il faut mettre de l'ordre dans la maison en essayant d'inculquer à nos Partis Politiques des concepts spécifiques capables de servir de corpus théorique pour la formulation d'une idéologie politique afin d'enfanter un programme en adéquation avec les desiderata des masses. On ne peut pas se lever un matin et décider de fonder un Parti politique qui n'existe que de nom. Aussi le parterre électoral est rempli d'herbes folles identifiées sous les appellations suivantes : Platfòm 16 Désanm , Renmen Ayiti, INITE, Penh, LAVNI, Fòs 2010, Acra, KLE, Solidarité, Mouvman Wozo, Repons peyizan, Ayisyen pou Ayiti, Ansanm Nou Fo etc. Quel salmigondis politique! Le décret du CNG ou Conseil National de Gouvernement définit un Parti Politique comme une «Association de citoyens unis par une philosophie ou une idéologie commune dont elle recherche la réalisation avec comme objectif la conquête et l'exercice du pouvoir. Les Partis Politiques sont appelés à assurer la gouvernance du pays par alternance au moyen d'élections libres. »

Pendant ces vingt-quatre dernières années, la transition démocratique n'a jamais eu lieu à l'échelle du Gouvernement ni au niveau des Partis politiques. La démocratie devient un leurre et le pluralisme une vraie chimère. On assiste à une constellation de Partis Politiques sans boussole ni programme de gouvernement, sans aucune structure démocratique hiérarchisée. D'où l'émiettement de la population en âge de voter et l'impossibilité pour les Partis de financer leur fonctionnement grâce à la cotisation des adhérents. Il s'en suit également un manque d'information et de formation des électeurs pour la réalisation d'un ordre social nouveau. Le rassemblement de plusieurs groupements politiques en 3 ou 4 Partis serait financièrement plus rentable et politiquement représentatif d'une frange plus importante de la population capable d'influencer de manière consensuelle le verdict des urnes. L'État haïtien pourrait leur accorder certains subsides pour couvrir les frais indispensables à leur fonctionnement

Le contour de nos Partis Politiques est très mal défini et fissuré de césures. On voudrait les polariser en droite / gauche, malheureusement le constat quotidien révèle que le c½ur de nos Chefs de Partis est bien à gauche mais leurs poches sont à Droite. Le paysage politique haïtien subit des influences étrangères délétères. Pourtant la doctrine de nos ancêtres a préexisté à presque tous les courants politiques contemporains. Nous avons de qui tenir pour un ancrage national et légitime de nos Partis Politiques. Il est dangereux de diffuser en Haïti des idéologies politiques sans aucun lien avec nos réalités sociales. Si nous déployons un spectre colorimétrique de nos Partis Politiques en course pour les élections présidentielles du 28 novembre, peu d'entre eux se seraient différenciés de manière distincte puisqu'ils appartiennent à la même gamme. En effet, ils n'exercent aucun rôle sur l'échiquier politique, d'où leur impopularité. Nous devons reconstruire nos Partis politiques sur une base idéologique en exigeant :

- La rédaction d'un Acte constitutif moyennant les critères démocratiques

- La structure organique du Parti

- L'ancrage à une idéologie de préférence d'obédience nationale

- Un programme politique définissant les objectifs à atteindre aussi bien que les voies et moyens d'y parvenir durant le mandat présidentiel.

- Le mode de renouvellement des instances dirigeantes et des cellules de base.

- Le mécanisme de sélection des candidats au niveau du Parti pour les élections présidentielles, législatives et communales

- Le système de gestion financière du Parti

Les élections en Haïti deviennent une affaire de gros sous, impliquant les narcotrafiquants. De telles sources de financement transforment Haïti en un Etat délinquant où nos parlementaires, nos commissaires et nos agents de police sont mouillés dans la criminalité jusqu'aux cous. Même la justice est obligée de capituler devant les barons de la drogue qui cherchent l'impunité dans l'immunité parlementaire. L'indépendance du CEP doit être garantie. Ses membres ne peuvent pas être placés sous la coupe réglée du Grand Magicien du Palais national. Le repêchage de Jacques Edouard Alexis, en bout de ligne, lui sera très regrettable. «J'embrasse mon rival pour mieux... » Jean Racine. Certains candidats admis n'ont pas de décharge, d'autres ont des casiers judiciaires ou encore n'ont pas démissionné de leurs fonctions dans le délai imparti par la Loi. Il y en a qui affichent une tête de criminel notoire. Tous les postulants doivent être soumis aux mêmes critères de sélection. Ce système à géométrie variable est générateur de conflits. Abstraction faite de toutes cotes mal taillées par le CEP, téléguidé par Préval, sur la liste des postulants admis aux joutes électorales du 28 novembre 2010, Charles Henri Baker et Mirlande Hyppolite Manigat sont les seuls candidats valides. Sak pa kontan, mete paille! Notre existence comme Nation est menacée. Pour soustraire Haïti de ses chancres, après les élections réformons nos Partis Politiques sur une base plus rationnelle.

erichrene@bell.net
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#Posté le mercredi 01 septembre 2010 10:34

DÉRIVE DE LA SOCIÉTÉ HAITIENNE


Le jurisconsulte est triste de constater que plusieurs candidats se précipitent en Haïti pour se porter candidat à la course présidentielle qui aura lieu en novembre 2010. Dans un pays aussi complexe qu'Haïti, un président doit avoir les aptitudes et les compétences requises pour diriger la nation. Il doit être muni d'une équipe qualifiée et compétente pour relever l'image du pays et son parti doit avoir un programme de société et une vision claire pouvant sortir ce pays de son marasme économique. Il est dommage de constater qu'un amalgame de pseudo-démocrates se présentent sous la bannière des partis politiques, avec des noms fanfaisistes qui cherchent à tirer avantage des conditions misérables de la population pour s'enrichir. L'ingénieur-agronome, Jean-Erich René a bien compris cette problémaque lorsqu'il rédige son texte sur la dérive de la société haïtienne. Le jurisconsulte vous invite à prendre connaissance de son article publié son blogue. Bonne lecture...

Dérive de la société haitienne ...
Jean Erich René

La percée fulgurante des vedettes de la musique haïtienne dans l'arène politique a déclenché un véritable coup de foudre qui a failli électrocuter les leaders politiques traditionnels. Il a fallu le paratonnerre du CEP pour les écarter provisoirement du danger qui les menace. Comment comprendre cette volte-face de la majorité nationale? Quelles sont les vraies valeurs que privilégient les couches sociales concernées? En se basant sur les indices déclencheurs de la ferveur de l'électorat haïtien de 2010, l'aura politique du candidat prend la couleur du populisme. La température politique ambiante est favorable à l'éclosion des revendications populaires dans une société de spectacle où les affaires politiques sont réglées dans les rues. Cette pratique du politique haïtien s'amplifie de jour en jour, en prenant des proportions inquiétantes. Nous vous invitons à plonger dans le cambouis social haïtien à la recherche des facteurs explicatifs.

L'objet principal de notre analyse c'est l'entrée soudaine des vedettes de la musique dans le processus électoral et son incompatibilité choquante avec l'exercice sérieux du pouvoir. Ce mariage contre nature nous jette pieds et mains liés dans une cacophonie de chansons populaires en guise de discours politiques. Deux mondes qui ne se recoupent franchement pas puisque le premier est plutôt imaginaire, émotionnel et récréatif, le second réel, rationnel et constructif. En dépit de leur différence, le vocal des vedettes des chansons Hip Hop et Compas direct emplit l'espace politique haïtien à la veille des élections présidentielles de 2010. Cette ambiance de carnaval va se répercuter comme un écho sonore, de proche en proche, au niveau des élections législatives et communales, en habilitant les sambas, les majors jonc, les Reines Chanterelles, les tirailleurs de nos bandes de rara, à devenir des candidats potentiels.

Selon la thèse du Docteur Jean Price Mars dans « Ainsi parla l'oncle » « L'Haïtien est un peuple qui souffre mais qui chante, qui rit et qui danse. » Si la chanson exprime vraiment l'état d'âme de l'homme haïtien, l'ensemble de ses ressentiments et de ses frustrations, elle charrie simultanément un groupe de signifiants et de valeurs qui animent le débat public. Cette musique échotière que la plupart d'entre nous écoutent généralement d'une oreille distraite porte la marque de nos identités sociales les plus caractéristiques en faisant de nos sambas les porteurs de nos valeurs profondes ignorées par la mémoire de l'écriture et partant de la littérature haïtienne. La popularité écrasante des leaders politiques d'un nouveau genre est associée à leur aura comme virtuose de la chanson populaire. Leur succès malgré leur éviction, pour insolite qu'il puisse paraître, est symptomatique de l'éveil d'un nouvel ordre social en Haïti.

De manière incontestable, on assiste avec surprise à l'interpellation d'un public spécifique, différenciée par une dichotomie entre les classes majoritaires et minoritaires. S'agit-il de l'expression brutale mais instrumentalisée des revendications des 4/5 de notre population trop longtemps marginalisée. Quelles que soient les hypothèses avancées, il est un fait certain qu'on assiste actuellement à une mutation de l'électorat haïtien concrétisée par l'idéalisation des vedettes des chansons Hip Hop et Compas Direct. Peut-on en tirer une Théorie du Comportement des Nouveaux Électeurs Haïtiens de 2010, au point de rencontre de la Chanson populaire et de la Scène Politique comme lieu géométrique de la popularité de nos acteurs selon le binôme Vedette candidat = Candidat vedette.

Cette déviation de la ligne politique haïtienne traditionnelle s'explique, à son point d'inflexion, par une absence criante d'idéologie de nos Partis Politiques. D'où l'idéalisation des chantres des revendications populaires et leur rayonnement sans conteste dans l'espace politique puisqu'il n'y a plus d'alternatives. Si nous retournons la roue de l'histoire et compte tenu des prestations de nos artistes dans le passé, s'il fallait élire un Président du Compas Direct, l'écharpe reviendrait à Nemours Jean Baptiste, son créateur. Plus récemment, Gesner Henri, alias Koupe Kloure serait couronné Roi de la Caraïbe. Pourtant aucun maestro de nos Groupes Musicaux, jadis n'avait manifesté aucune velléité électoraliste. Les temps ont bien changé. La soif des électeurs n'est plus étanchée par la verve intarissable d'un Daniel Fignolé. Les verbes d'Emile St Lot, de Castel Demesmin et du Sénateur Hudicourt ne font plus trembler les voûtes du Palais Législatif. Les jeunes devraient savourer les sages conseils du promoteur de la Révolution Tranquille Haïtienne, l'immortel Gérard Etienne.

Le discours politique haïtien est alimenté par un fatras d'expressions telles que : « Je suis un bandit légal » du Sénateur Anacacis, candidat à la présidence par surcroit. Depuis le vote de la Constitution de 1987, on assiste à une balkanisation de l'espace politique haïtien donnant naissance à une galaxie de Partis Politiques, sous des patronymes aussi décevants que leurs prestations : Louvri Baryè, Viv Ansanm etc. Jusqu'à présent nous avons du mal à identifier à quelles Écoles Politiques appartiennent nos leaders. A Gauche comme à Droite nos Chefs de Partis n'arrivent pas encore à produire un papier, en guise de programme, qui puisse combler les aspirations de nos différents segments sociaux, des idées coulées dans des moules idéologiques qui puissent valoir aux leaders une certaine popularité. A tribord et à bâbord c'est la déception totale. Capitalistes, Marxistes, Macoutes, Lavalas, silence sur toutes les colonnes.

De 1987 à 2010, il est triste de faire le constat d'échec de nos Chefs de Partis, faute d'une marchandisation rentable de leurs crédos politiques. Cette inanition de l'électorat s'explique par son manque d'appétit pour les discours politiques plutôt fades et rebutants de nos candidats vieillots et pâlots. A défaut ils croquent toutes les cochonneries de nos marchandes ambulantes. Le dièse de la chanson populaire vibre à l'unisson de la diérèse du Hip Hop charmant les indolentes oreilles de cette jeunesse qui représente plus de la moitié de l'électorat. Ce contraste à la fois culturel et social explique le hiatus entre le paysage politique haïtien traditionnel et la nouvelle garde. Son caractère plutôt plébéien répond mieux à la culture des opprimés et des exclus sociaux. En revanche on assiste à l'obsolescence des valeurs traditionnelles, à la désacralisation de la classe politique et à la promotion de nos vedettes nationales sur la scène politique selon les canons hollywoodiens.

La participation aux élections, même sans aucune chance de réussite, représente une ascension sociale pour certains candidats. D'autres se procurent l'illusion d'accéder à la magistrature suprême de l'État sur un coup de chance pondéré par quelques kilos de bluff, agrémentés d'un zeste d'audace. Ce travestissement de la réalité politique est consolidé par l'appui du populisme comme outil de diversion. Au demeurant la liste des candidats agréés est hiérarchisée selon leur proximité avec le pouvoir en place. Mentionnons que les arrestations, sous le Gouvernement de Jean Bertrand Aristide, de Fourel Célestin, Président du Sénat, de Lesly Lucien, Chef de Police et de Auriol Jean, Chef de Sécurité du Palais National, confirment la thèse d'un État narcotrafiquant. L'invitation des chimères au Palais National pour recevoir leurs étrennes est la preuve évidente d'un État délinquant. Le mythe fait partie intégrante de nos codes anthropologiques. Le résultat le plus évident d'une telle déchéance c'est la désacralisation de la fonction présidentielle. Actuellement en Haïti, n'importe qui aspire aux fonctions électives, suite à la dérive de la société haïtienne.

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