L'ÉTAT HAITIEN FAIT PLACE AUX PERSONNES AYANT UNE DÉFICIENCE...

L'ÉTAT HAITIEN FAIT PLACE AUX PERSONNES AYANT UNE DÉFICIENCE...


Le juriste haïtien est très heureux d'apprendre que le gouvernement haïtien a créé un poste de Secrétariat d'État pour les personnes ayant une déficience dans notre société. Cette initiative est très louable lorsque ce Secrétariat est dirigé par Dr Péan, ancien responsable de la Société haitienne d'aide aux aveugles (SHAA). Cependant,il est important de corriger tout d'abord la dénomination "personnes handicapées" pour faire justice à ces catégories de citoyens qui ont toujours fait face à l'incompréhension des dirigeants de ce pays. S'il faudrait parler de "HANDICAPÉ" le juriste haïtien croit qu'il serait bon d'attribuer ce qualificatif à l'État haïtien qui n'a pas su protéger les droits de tous les citoyens démunis de notre société.

Il est utile de souligner que ceux qui ont une déficience intellectuelle, physique et moteur ne sont pas des handicapés dans une société civilisée. Ce sont des êtres humains à part entière, ce sont des honnêtes personnes qui luttent et résistent à l'incompréhension de leurs dirigeants. À notre avis, il ne suffit pas de créer une institution pour s'occuper des conditions dégradantes des gens avec une déficience, mais il faut doter ce Secrétariat des moyens pour qu'il puisse répondre à ses multiples obligations en faveur de ces personnes. L'Institut du Bien-être social et de recherche (IBESR) a été créé pour s'occuper des gens déshérités de la société, mais les professionnels n'ont pas souvent les moyens pour intervenir auprès de ces groupes-cibles. Dans les années 90, j'occupais la fonction de responsable de l'encadrement technique des centres handicapés à l'IBESR, la direction générale ne m'avait jamais donné les moyens en tant que travailleur social pour m'acquitter de mes fonctions auprès des institutions publiques et privées qui oeuvrent dans ce secteur.

C'était toujours avec mépris qu'on accueillait les personnes démunies lorsqu'elles viennent chercher un petit chèque de $ 50 par mois qu'on les octroyait . C'était révoltant de constater ce fait en tant que professionnel, impuissant devant une telle injustice. On les traitait avec une certaine indifférence, lorsqu'elles se présentaient en personne à l'IBESR pour obtenir leur minable chèque à l'époque. L'intégration et l'insertion des personnes ayant une déficience dans la société est une nécessité et l'État doit se donner une politique sociale efficace pour réparer l'injustice, le mépris et le rejet auxquels elles sont toujours l'objet dans leur vie quotidienne. L'intention de créer un Secrétariat d'État avec Dr Péan comme responsable est une bonne chose en soi, car ce dernier a toujours lutté en faveur des aveugles. Il offre accès au public à toute sa documentation en braille et il organise des séminaires pour les intéressés. Cependant, il faut lui donner les moyens de sa politique, sinon ce serait la démagogie politique.

Dr. Péan est un homme de parole qui n'a pas peur de lutter pour défendre les intérêts des membres de son organisation. À mon avis, les militants des droits humains doivent continuer à se battre pour faire respecter les droits des personnes démunies de notre société, car nul n'est exempt d'une difficience intellectuelle, physique et/ou moteur. La société civile devrait supporter Dr Péan dans ses actions afin de traiter ces personnes avec humilité et respect pour la reconstruction et le développement de notre chère Haiti, une Haiti inclusive et non exclusive.

Jean Marie Mondésir
Militant des droits de la personne
Spécialiste en droit civil
Responsable du site le juriste haitien

Une porte ouverte aux handicapés


« Le handicap est la résultante d'un conflit entre la déficience et l'environnement au sens large du terme (culturel, social, économique). C'est l'ensemble des barrières qui empêchent une personne qui vit avec une déficience de participer aux activités de la vie. » Charles Gardou

« La problématique des handicapés est une question transversale. Le gouvernement et tous les autres secteurs doivent s'investir pour changer les conditions de vie et l'image sociale des handicapés en Haïti », déclare le Dr Michel Archange Péan nommé secrétaire d'État le 17 mai 2007, par arrêté présidentiel et installé dans ses fonctions ce mercredi par le ministre des Affaires Sociales, Gérald Germain.

Docteur ès lettres et expert en Education spéciale et en Réadaptation des personnes handicapées, Michel Archange Péan est logé provisoirement au Ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST).

Une première dans la gouvernance en Haïti

Lors d'une interview accordée au quotidien Le Nouvelliste, le Dr Péan a affirmé que la question des handicapés touchait non seulement le ministère des Affaires sociales, mais aussi tous les autres secteurs dont l'Education nationale, l'Économie et les Finances, les Travaux publics, l'Environnement, le Commerce et l'Industrie, la Santé publique, la Culture, etc.

A entendre le nouveau Secrétaire d'État, l'architecture de nos villes est non adaptée aux personnes vivant avec un handicap physique et qui doivent se déplacer en fauteuil roulant. Le programme scolaire et la formation des maîtres, le programme sanitaire et surtout l'environnement physique social, écologique et humain ainsi que la distribution des richesses du pays devraient faire l'objet d'une prise de conscience collective afin d'améliorer le sort des Haïtiens vivant avec un handicap quelconque, qu'il soit physique ou mental.

« Mon bureau sera le bureau de l'urgence. En ce sens, je compte encourager les autres ministères et organismes de l'État ainsi que le secteur privé à emboîter le pas et à inclure dans leur programme d'action la problématique du handicap », a poursuivi le dirigeant du Réseau associatif national pour l'intégration des personnes handicapées (RANIPH).

Le Dr Péan, non-voyant et président de la Société haïtienne d'aide aux aveugles (SHAAA), est la première personnalité haïtienne vivant avec un handicap physique à avoir accédé à un poste si élevé au sein du gouvernement. Loin de voir en sa nomination le couronnement d'une carrière, le Secrétaire d'État veut faire de son accession à ce poste « une nouvelle phase dans la lutte en faveur des personnes handicapées » en Haïti.

Mot d'ordre : « La lutte se poursuit »


« La lutte se poursuit », est son tout nouveau slogan. Pour mieux poursuivre cette lutte qu'il a commencée depuis déjà plusieurs décennies, le natif de Plaisance, commune du département du Nord, compte élaborer, avec les membres de son cabinet, un plan de travail et un chronogramme d'activités pour les quatre prochains mois de l'exercice fiscal en cours, en attendant la préparation du budget 2007-2008.

Dans ce chronogramme d'activités sera inclus, dit-il, « un forum sur la problématique du handicap en Haïti. » Avec la participation de tous les secteurs nationaux et des représentants de la communauté internationale, en vue de dégager ensemble d'objectifs. « Nous allons encourager tous les autres ministères à mettre la main à la pâte pour vraiment apporter cette amélioration dont nous rêvons », a dit le Dr Péan devenu aveugle lorsqu'il était en classes terminales. Malgré tout, le jeune Michel Archange Péan a fait des études spécialisées avec les facilités révolutionnaires que procure le système braille. Par la suite, il est revenu en Haïti et a été placé à la tête de la SHAAA à la mort de feu le Dr Roger Dorsainville, qui présidait cette société.

Citant le chercheur Charles Gardou, le Dr Péan a rappelé que « le handicap est la résultante d'un conflit entre la déficience et l'environnement au sens large », environnement comprenant ici les aspects physique, social, culturel, économique, écologique...

Une autre image

« J'ai horreur qu'on voit en un handicapé haïtien un pauvre mendiant. Je rêve un jour que ce soit les handicapés qui contribuent au budget de l'État », dit Michel Péan. « Pour cela, a-t-il poursuivi, il faut faire preuve d'imagination et de créativité afin d'identifier un produit vendable, permettant de financer certaines activités et contribuer au budget de la République. Un jour, j'aurai l'opportunité de dévoiler ce produit sur la conception duquel je travaille depuis dix ans. Moi, je suis un non-voyant mais je n'ai pas une mentalité de pauvre aveugle», a poursuivi M. Péan.

Sans vouloir considérer sa nomination au poste de Secrétaire d'État comme une fin en soi, le Dr Péan a tenu quand même à remercier toutes celles et tous ceux qui ont contribué à faire avancer la lutte en faveur des handicapés en Haïti. Après avoir cité une pléthore de personnalités et institutions ayant accompagné les handicapés haïtiens dans cette lutte, il a eu particulièrement une marque d'attention pour « la presse qui a été toujours présente aux côtés des handicapés. »
« Je vous suis depuis 1986. Vos cris sont parvenus à mes oreilles par le canal de la presse », a dit Dr Péan, rapportant les propos du président de la République René Préval. Selon le Secrétaire d'État, le président et le Premier ministre lui ont promis de l'accompagner afin d'atteindre les objectifs de cette nouvelle entité de l'État. « La lutte continue. Nous devons réussir », a-t-il conclu.

Près de 800.000 personnes souffrent d'un quelconque handicap en Haïti. C'est pour tenter de soulager leur souffrance et leur permettre de participer pleinement à la vie nationale que le Bureau du secrétaire d'État à l'intégration des personnes handicapées vient d'être créé. « L'État doit ½uvrer dans le sens de la défense de cette catégorie sociale déjà trop longtemps victime d'exclusion», a déclaré Gérald Germain, ministre des Affaires sociales, lors de la cérémonie d'installation qui a réuni une pléiade d'invités dans les locaux du ministère. « Les handicapés sont des citoyens comme les autres, ils ont eux aussi des droits», a-t-il ajouté.

Pour sa part, le docteur Péan a demandé à ses collaborateurs de lui apporter leur soutien, tout en respectant les normes et la discipline. Il en a profité pour féliciter le gouvernement haïtien d'avoir gagné le c½ur et l'esprit de tout le monde en accordant une pensée spéciale aux personnes handicapées. M. Péan dit accorder une très grande importance aux besoins de ces personnes, souvent laissées pour compte. « L'absence ou l'insuffisance de jouissance de leurs droits nécessite la coopération la plus diligente de tous les citoyens », a-t-il dit, ajoutant que l'intégration sociale des personnes handicapées devait être une obligation nationale.

Il est également président de la Zone francophone des aveugles pour la Caraïbe, secrétaire national du Réseau associatif national d'intégration des personnes handicapées (RANIPH) et membre du comité exécutif du Conseil caraïbe des aveugles.


Samuel Baucicault
baucicaut@yahoo.fr
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# Posté le samedi 29 septembre 2007 14:35

Modifié le vendredi 11 janvier 2008 21:16

LE DROIT DE GARDE DANS LE DROIT DE LA FAMILLE HAITIENNE ...

LE DROIT DE GARDE DANS LE DROIT DE LA FAMILLE HAITIENNE ...

La Cour de Cassation est saisie d'une affaire qui relève du droit de la famille. Quelle que soit l'issu de cette affaire relative au droit de garde des parents; la haute instance du pays est appelée à trancher pour établir les règles du droit de garde, le droit à la pension alimentaire pour les enfants et la garde de la maison familiale. C'est une affaire très intéressante pour les juristes spécialisés en droit de famille dans le contexte haïtien. Il faut remarquer que la loi du 12 octobre 1982 accorde des droits à la femme. Pour certains, c'est la loi de la libération de la femme haitienne. Avec cette loi, les femmes haïtiennes se sont plus considérées comme des mineures elles n'ont pas besoin de l'autorisation de leur conjoint pour contracter ou travailler. Pour d'autres, cette loi permet aux femmes de bénéficier de certains droits et privilèges au même titre qu'un homme en théorie. Dans la pratique, c'est le contraire qui se produit à cause de l'influence d'une société basée sur le modèle patriarcal où les hommes prédominent sur les femmes. Les femmes haïtiennes sont l'objet des injustices les plus flagrantes (viols, injures, mépris et rejet) et les juges ont du mal à faire appliquer la loi en leur faveur. La question de pension alimentaire pour enfants constitue un point important auquel la cour Cassation devra établir des balises pour réparer les injustices faites aux femmes haïtiennes en cette matière. Le juriste haitien suit avec intérêt cette affaire pour ses lecteurs et lectrices...

A qui confier la garde d'un enfant : à la mère ou au père ?

Les époux Louiner Aubin, la dame née Hémyle Délille, se disputent la garde de leurs enfants. Ils sont allés jusqu'à la plus haute instance judiciaire, Cour de cassation, pour voir la justice trancher sur l'affaire qui les oppose.

En effet, le juge des référés avait rendu un jugement confiant la garde des enfants (3) des époux divorcés à la mère. Contre cette décision, le père, M. Louiner Aubin, a exercé un recours en cassation pour demander que ce jugement soit annulé et la garde des enfants lui soit confiée. L'affaire a été plaidée contradictoirement. Il s'agit de savoir si la Cour de cassation va casser le jugement comme demandé par le père ou si elle va le maintenir pour être exécuté dans toute sa forme et teneur selon le voeu de la mère.

Dans son intervention, Me Arnold Hérard, avocat de Louiner Aubin, a soutenu des arguments solides pour convaincre les juges de la Cour de casser le jugement. Il a remué ciel et terre pour prouver le bien-fondé du pouvoir exercé en cassation.

La question de l'environnement, l'attention d'un père pour ses enfants, l'éducation familiale, le droit à l'éducation sont autant de points soulevés par Me Arnold Hérard au moment de sa plaidoirie abondante et significative.

Pour sa part, Me Samuel Charles, avocat de Mme Hémyle Délille, épouse divorcée, a, d'entrée de jeu, culpabilisé les époux. Il dit que ces derniers sont responsables de la situation actuelle des enfants. Cependant, poursuit-il, M. Aubin a poussé son ex-épouse à l'extrême. Car on devrait s'entendre pour éviter cette catastrophe, a-t-il fait remarquer.

« M. Aubin est mon ami. Je lui ai prodigué des conseils. Il n'avait pas voulu m'écouter », a lancé Me Samuel Charles.

Selon cet avocat, M. Aubin ne peut pas avoir la garde des enfants. Mme Hémyle, la mère, en tant qu'institutrice, est mieux placée pour s'occuper de ses enfants. Contrairement aux propos de l'avocat du pourvoyant, jusqu'à présent, les enfants adorent leur mère, déclare Me Samuel Charles, avocat de l'épouse divorcée.

Me Charles a rejeté d'un revers de main les déclarations de M. Aubin faisant croire qu'il est en meilleure situation pour prendre soin des enfants. Il a évoqué la loi de 1982 qui accorde la parité entre les deux (père et mère) pour s'assurer la garde d'enfant à celui ou à celle qui est plus capable en ce qui a trait à la moralité, l'environnement... Tout ce qui peut permettre à l'enfant de s'épanouir.

Me Charles a soulevé la question de pension alimentaire. Il a souligné que le père n'a pas versé un sou depuis quatre mois. Pour s'occuper des enfants, la mère a dû consentir des prêts. Elle traverse une situation vraiment difficile, déclare Me Charles.

Dans sa conclusion, Me Samuel Charles a requis la Cour de rejeter la demande de M. Louiner Aubin (père) sur la garde des enfants; de la confier plutôt à la mère qui en est plus digne; d'ordonner une pension alimentaire de 35.000 gdes puisque le père en a les moyens; de verser l'argent des mois (4) non encore payés pour permettre à Mme Hémyle Délille (mère) d'éponger certaines dettes et d'ordonner également que la mère occupe provisoirement l'une des maisons du couple.

La Cour va-t-elle casser ou maintenir l'ordonnance du juge des référés confiant la garde des enfants à la mère ? Affaire à suivre !
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# Posté le samedi 22 septembre 2007 23:12

Modifié le vendredi 11 janvier 2008 21:17

INTERDICTION DE PUNIR VIOLEMMENT DANS LES ÉCOLES HAITIENNES...

INTERDICTION DE PUNIR VIOLEMMENT DANS LES ÉCOLES HAITIENNES...

Le juriste haitien félicite la direction générale du Ministère de l'éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) pour avoir interdit dans les écoles haitiennes toute forme de punitions violentes qui affectent l'équilibre psychologique des élèves haïtiens. L'humiliation, la violence verbale et physique, les sévices corporels constituent autant de méfaits causés par les instituteurs (trices) dans le milieu éducatif haitien. Dans le milieu paysan, la situation est beaucoup plus grave et les parents des élèves n'osent pas réagir, car les instituteurs ont fait croire que c'est pour le bien de leurs enfants. Selon nous,il ne peut pas y avoir de l'éducation ni apprentissage lorsqu'on se sert de la violence pour punir un élève qui n'a pas fait son devoir. L'apprentissage doit se faire dans une ambiance qui incite l'élève à viser l'excellence afin de devenir un honnête citoyen dans la société. Le juriste haitien croit que le Ministère doit prendre des mesures pour dissuader tout instituteur ou instructrice qui exercent des sévices corporels sur un élève. S'il n'existe pas un moyen de contrôle pour réprimer toute forme de violence dans le milieu éducatif haïtien, c'est la société qui va en payer le prix en accentuant le taux de décrochage scolaire à l'échelle nationale. Le Ministère doit être vigilant surtout dans le milieu paysan où les élèves sont fort souvent victimes d'humiliations, de violences verbale et physique à un niveau qui atteint son paroxisme. Pour résoudre ce fléau dans le milieu éducatif haitien, il faudra bien commencer par adopter une autre attitude afin d'inciter les parents d'élève à porter plainte contre les abus physiques faits aux enfants. Propos de Me Jean-Marie Mondésir...

Les punitions violentes formellement interdites dans les écoles

La direction générale du Ministère de l'éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) constate qu'en dépit des multiples mises en garde du ministère, des violences de toutes sortes continuent d'être commises par des membres du système éducatif, ainsi que d'autres personnes sur les élèves. Face à une telle situation, la direction générale du MENFP rappelle aux personnels enseignant et administratif des écoles et à toute personne appelée à prendre des décisions relatives à un élève qu'il leur est formellement interdit de soumettre un enfant à une quelconque forme de violence verbale et physique susceptible de le troubler psychologiquement et physiquement. Des punitions d'ordre moral notamment pensum à portée pédagogique : lecture et résumé de texte, convocation des parents de l'élève, excuses publiques, seront administrées en lieu et place de services corporels.

Par ailleurs, la direction générale du MENFP, compte sur la collaboration de tous les acteurs concernés pour parvenir à enrayer cette forme de violence aux conséquences incalculables.
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# Posté le samedi 22 septembre 2007 22:42

Modifié le vendredi 11 janvier 2008 21:18

VIABILITÉ DE LA DOUBLE NATIONALITÉ ET CITOYENNETÉ EN HAITI...

VIABILITÉ DE LA DOUBLE NATIONALITÉ ET CITOYENNETÉ EN HAITI...
En ma qualité de juriste haitien, il me fait plaisir de publier sur mon blogue l'analyse de M. Amary Joseph Noel, mon ancien professeur à la faculté des sciences humaines de l'Université d'État d'Haiti. Les idées véhiculées dans le texte ci-dessus m'interpellent en tant que citoyen et patriote qui a toujours combattu l'exclusion instituée par la Constitution haitienne de 1987. Le problème soulevé par le texte du professeur Amary rejoint mes analyses critiques suite à l'arrêt rendu en 2005 par la Cour de cassation dans l'affaire opposant le Conseil électoral provisoire à M. Siméus, ex-candidat à la présidence. Cet arrêt a suscité beaucoup de réactions des juristes et professionnels du pays (voir jurisconsulte). Certains juristes ont été très sévères à l'égard de la décision rendue par la plus haute instance judiciaire du pays (Cour de Cassation) qui a effleuré la question de double nationalité. Pourtant, si on analyse le contenu intégral de cet arrêt et on comprendra que la question de double nationalité n'a pas été abordée ni traitée en profondeur. De toutes les manières, on ne peut pas s'en passer, car l'article 15 de la Constitution haïtienne de 1987 crée un obstacle majeur en empêchant la double nationalité. Le problème réside dans l'interprétation de l'article 15. Selon moi, cette disposition juridique sera de mise dans le cas où il y aurait un conflit de lois opposant un Haitien, détenteur de deux passeports à l'État haitien. D'ailleurs, je suis d'avis qu'il faudra une déclaration expresse faite devant une autorité compétente pour qu'un Haitien puisse renoncer à la nationalité haïtienne. En dehors de cet acte volontaire expresse, aucune autorité haitienne ne peut empêcher un national Haïtien de jouir les droits et privilèges que lui confère la Constitution. La preuve par présomption n'est pas suffisante pour priver un Haitien de sa nationalité d'origine. Les Haitiens qui ont acquis la citoyenneté canadienne n'ont jamais renoncé à leur nationalité d'origine. Il est vrai qu'un État a le droit de déterminer la nationalité des gens qui vivent sur son territoire. Il a l'obligation d'établir des règles claires et précises pour déterminer les conditions dans lesquelles les citoyens perdraient leur nationalité. Du point de vue juridique, la Constitution d'un État ne peut pas se permettre de créer l'exclusion entre ses citoyens. La Constitution est la loi fondamentale d'un État souverain. Elle devra énoncer les grands principes et les fondements structurels d'un État. Elle ne doit pas renfermer des idées contradictoires qui tendent à diviser les citoyens d'un pays. Le rejet des partisans du régime des Duvalier, la destabilisation de l'armée d'Haïti et la problématique de double nationalité enchassés dans la Constitution de 1987 constituent autant d'éléments qui handicapent le développement de notre chère Haïti. De ce fait, je partage entièrement les idées prônées par le professeur Amary Joseph Noel. Je vous invite à lire d'autres textes de mon blogue traitant la double nationalité et n'oubliez pas de réagir après avoir pris connaissance du contenu du Prof. Amary Joseph Noel. JM Mondésir...

Viabilité de la double nationalité et citoyenneté en Haiti.

Par Amary Joseph NOEL

L'accession de Michaelle Jean au gouvernorat du Canada, la prestation de Wiclef Jean aux cotés de Shakira en lever de rideau du championnat mondial de football 2006 et l'accession de Ralph Gilles au sommet de la pyramide Chrysler posent dans toute son acuité la problématique de la double nationalité, très souvent, confondue avec la double citoyenneté .
La Citoyenneté n'est pas la nationalité, bien que ces deux concepts se rapprochent dans certains cas de figure. La citoyenneté prend sa source dans l'Antiquité et vient du latin « civis ». Dans la
Rome antique, les femmes , les esclaves et les étrangers n'étaient pas citoyens.. l'Édit de Caracalla (212 ap. J-C) était justement venu rompre avec ces pratiques et reconnaître à tous les habitants de
l'empire cette qualité.
La nationalité est l'acte juridique qui constate ou affirme l'appartenance d'un individu à un état. La nationalité confère des droits, verbi gratia : droit de vote dans une démocratie, droit de
résidence , droit de travailler , droit de posséder un passeport permettant de voyager à l'étranger etc.. Elle attribue généralement le droit à la jouissance des libertés politiques (droit de vote, par
exemple). Elle impose des devoirs comme le service militaire. L'on naît avec une nationalité! L'expression dans une langue nationale est un des indices de la nationalité. Les enfants nés dans
des avions ou des bateaux reçoivent par fiction juridique la nationalité du pavillon. L'on peut changer sa nationalité au cours de son existence par un acte de liberté et d'indépendance.
Personne, même pas l'État dont on est sujet ne peut décider de la révocation de cet attribut. En ce sens , nationalité se rapproche de la citoyenneté. Leur définition s'écartent dans le cas de certains pays qui ont accordé le droit de vote aux résidents étrangers, que ce soit à tous et à tous les niveaux de pouvoir, sans éligibilité(Chili, Nouvelle –Zélande) , à certains et à tous les niveaux de pouvoir, avec éligibilité( ressortissants du Commonwealth au Royaume-Uni) , à certains ou à tous au niveau municipal, avec ou sans éligibilité ( les 5 pays nordiques et les 3 du Benelux,
plusieurs cantons suisses , Portugal, Slovénie, Burkina Faso, Vénézuela et... Relativement loin dans le temps, la loi Lamine Guèye de 1946 et la loi-cadre Deferre de 1956 étaient venues effacer les
dispositions qui privaient l'indigénat des colonies françaises au Congo Belge de la citoyenneté. A l'époque coloniale, pourtant, ces habitants indigènes avait la nationalité française ou Belge.(1)

> Les fils d'Haïti demeurés au pays parlent avec une fierté toute superbe des succès de Michaelle Jean, de Wiclef Jean, de Ralph Gilles. On en jouit, on s'en attribue des bénéfices idéologiques! Ces constats attestent pour les observateurs avisés le poids du sang et de la naissance dans la perception vulgaire des questions socio-politiques nationales et mondiales . Dans la nouvelle Haïti, ces variables vont être , nous n'en doutons pas, les stimuli majeurs des décisions étatiques concernant la gestion des questions d'appartenance à la nation. En clair, nombre d'Haïtiens émigrés, naturalisés ou nés en terre étrangère portent bien haut le flambeau d'Haïti. Combien de Médecins, combien d'ingénieurs, combien de gestionnaires de haut rang et d'intellectuels de belle eau compte
Haïti en terre étrangère! Notre pays détient une réserve « well furnished » de compétences qui militent avec brio dans les circuits de production des pays développés ( Canada, États-Unis,
France etc.)
Jusqu' à quand l'égoïsme des uns et la morgue des autres vont-ils empêcher à Haïti de pouvoir compter sur ses fils jetés hors d'Haïti par les violentes vagues de la turbulente politique
haïtienne ou nés en terre étrangère. Dans la plupart des cas , l'adoption d'une nationalité étrangère a été une exigence de survie en terre d'adoption. L'on peut, donc, pas punir et condamner ceux qui
ont pu prendre des options idoines pour survivre et progresser. Dans l'Haïti d'aujourd'hui, le rejet des coups d'état et des dictatures est un fait acquis. Le projet dominant du pays est la démocratie. L'implication de tous les Haïtiens, sans exclusive, dans la gestion des questions socio-politiques est une condition sine qua non du progrès et de la prospérité. La réalité nous fait injonction d'aller plus loin. En effet, si Haïti et ses nationaux rejettent les dictatures, comment peut-elle continuer à cautionner leurs conséquences néfastes. La double citoyenneté ou la double nationalité seraient, donc, une solution au drame des années de dictature et de leurs cohortes de violences, de tortures, de crimes et d'expatriations. Les enfants qui naissent ou grandissent en terre étrangère sont les retombées heureuses de ces années de trouble et de misère politique qu'a connues notre pays. L'acceptation d'une citoyenneté ou d'une nationalité étrangère , en ces circonstances,
entre dans la lignée de ces variables effets dont la présence ne peut être constatée sans un stimulus, une variable indépendante, une variable cause ou intrant. Ainsi, tout porte à croire que le salut
de la nation haïtienne passe par un partenariat à la fois interne et externe entre Haïtiens de sang. Nous caressons l'espoir que la Conférence Nationale soit décrétée au plus vite et qu'elle impose une coalition majestueuse des forces haïtiennes pour renforcer la force de la faiblesse que nous sommes aujourd'hui dans le monde. Personne ne doit être exclu sur des bases idéologiques ou superfétatoires. Plus que jamais, il nous faut concevoir des structures et opérer des choix politico-juridiques susceptibles de permettre l'intégration d'un large éventail de compétences haïtiennes de l'intérieur et de l'extérieur; celle du scientifique, du stratège politique, du planificateur, des
professionnels, de la division sociale du travail et des décideurs. Il nous faut nous empresser d'anticiper face aux crises dont la menace approche. Il est impératif de réfléchir aux conséquences de l'effondrement de l'État- nation haïtien et faire face aux urgences multiples (protection des citoyens et de l'environnement, quête de bien-être pour tous, meilleure gestion du territoire et des biens disponibles)
La perception générale des succès de nos compatriotes à l'étranger nous stimule et confirme la justesse de nos points de vues. Leurs promotions ou réussites sont accueillies par ceux qui sont demeurés au terroir comme des évènements épiques. Des fils d'esclaves qui triomphent de l'adversité , bouleversent les normes mondiales et les idéologies que colportent les données répandues dans le monde sur la suprématie des hommes de race blanche ! Épopée? Oui, épopée!
En effet ,jusque très récemment, l'Haïtien a toujours eu tendance à se considérer comme un « liliputien » collé à un territoire plutôt minuscule, une portion d'île perdue dans les caraïbes. Tout succès extraordinaire au plan international d'un des ressortissants Haïti est digne des meilleurs contes de fées et perçu comme tel. Quant à nous autres de la CHAR, nous avons toujours
profité de ces circonstances pour donner un brevet plutôt à l'effort
et applaudir une nature intelligente et laborieuse, celle de l'Haïtien. Voici en quels termes le Coordonnateur de la CHAR s'est adressé à Madame Michaelle Jean dans la lettre de félicitations qu'il lui a adressée lors de sa tournée au Canada et en Floride entre le
29 mars et le 17 avril 2006 :
« Oui, je pense que chaque Haïtien doit vous féliciter et vous dire un merci cordial pour tout le bien que vos efforts et votre nomination ont apporté à notre Haïti souffrante. Merci surtout pour
le cachet spécial que vous avez bien voulu et su donner à votre intronisation comme Gouverneure Générale du Canada. Le contenu de cette merveilleuse célébration a porté tous les peuples démunis de la terre à rêver de grandeur, de bonheur et de liberté. Vous êtes un
modèle pour toutes les jeunes générations du monde. Vous leur dites « Pensez fort et voyez grand! »
Tout ceci, joint à l'attitude ambivalente des compatriotes « non expatriés » nous interpellent et nous poussent à la réflexion, voire au rêve. Oui, nous rêvons d'une Haïti où les expatriés même
naturalisés puissent , après une durée de séjour déterminée ou imposée dans le pays et un jugement au tribunal, recouvrer la nationalité haïtienne et jouir de la citoyenneté totale. D'emblée, nous devons reconnaître que l'apport des Haïtiens de sang à l'économie , à la gloire et au bonheur de leur patrie d'origine est en train de secouer avec vigueur les remparts idéologiques qui
prohibaient, jusqu'à date, l'accès des « expatriés naturalisés » au vote et à la vie politique tout court en Haïti. Le contraste est flagrant ou patent entre la joie provoquée par la visite de Michaelle
Jean à la terre natale, les envolées de Wiclef Jean au dessus de la planète terre et les réticences voire l'inimité manifestée à l'encontre d'un Dumarsais Siméus, encore un autre succès haïtien,
dans sa velléité d'accession au pouvoir suprême de la République.

A la Confédération des Haïtiens pour la Réconciliation (CHAR), nous nous préparons à livrer la bataille de la réconciliation tant souhaitée par nos compatriotes. Nous invitons, aujourd'hui, nos frères et s½urs à rester rivés à l'objectif princier des temps modernes pour Haïti : former un faisceau irradiant entente et solidarité pour jouir des richesses de notre beau pays. L'urgence des urgences ce n'est plus d'obtenir que son parti accède au pouvoir pour piller et s'enrichir. Au contraire, il nous faut serrer les coudes, apporter chacun notre quote-part , si modique soit-elle , pour qu'enfin la nation haïtienne puisse prendre la direction de la sphère des nations développées du globe.
Dans l'introduction du nouvel ouvrage et ½uvre-synthèse des réflexions autour de l'opportunité d'organiser une conférence nationale haïtienne "Randonnée vers la Conférence Nationale Haïtienne Souveraine » publié en février 2006 à Port-au-Prince, nous avons
exposé des points de vue qui n'ont pas fait l'unanimité dans les rangs de ceux qui se sont arrachés le livre. Nous citons :
« Le Conseil Électoral Provisoire a bien commencé le match. Des Haïtiens de sang sont écartés des joutes. Les Conseillers ont brandi des arguments tirés d'une constitution effacée par l'occupation étrangère pour exclure de la compétition ceux que le sort, la politique ou les exigences de la réussite en terre étrangère avaient contraint de s'affubler d'une citoyenneté d'emprunt. L'on crie « haro » sur les impétrants soupçonnés de double citoyenneté. Pourtant, nombre d'entorses graves à la Constitution de 1987 ont été digérés, sans ambages, par monsieur tout le monde. Dans le « singulier petit pays « d'Anténor Firmin même les clercs les plus éminents sont atteints d' « haïtianisation ». Les lois et la constitution sont comme des élastiques qu'on tire à satiété selon le v½u des chanceux propulsés, parfois anticonstitutionnellement , au timon des affaires de l'État »...
Certains compatriotes ont été jusqu'à laisser entendre qu'ils ne croient pas que les Haïtiens accepteront, « jamais , au grand jamais »que des étrangers ( en parlant des Haïtiens naturalisés) puissent participer à la vie politique du pays et être élu Président de la République. Ils reconnaissent, pourtant, que leur apport considérable à l'économie , dépassant le milliard de dollars américains l'an a retardé l'holocauste annoncée d'Haïti.
Il entre dans notre propos , aujourd'hui , de fixer la position de la CONFEDERATION DES HAITIENS POUR LA RECONCILAITON (CHAR) quant à cette question devenue épineuse depuis que la Cour Suprême du Pays a pris le parti de révoquer la décision du CEP d'écarter Dumarsais Siméus des joutes électorales et l'intervention , pelle en main, de l'Exécutif dans le troisième pouvoir pour en extirper ceux qui étaient soupçonnés de « pactiser » avec le diable,( celui qui, pour des raisons inconnues, en un moment ou autre de son existence, a adopté une citoyenneté étrangère)
De telles attitudes ne sont pas nouvelles dans la panoplie des recours d'arrogance ou des margouillis utilisés pour exclure des personnalités ou une partie de la population de l'exercice du droit d'élire ou d'être élu. Le Front populaire ivoirien de Laurent Gbagbo a défini de manière restrictive la nationalité ivoirienne et inventé la notion d' « ivoirité » pour écarter la candidature d'Alexandre Wattara à la Présidence de la Côte d'Ivoire.
Nous signalons , en passant, qu' à la CHAR nous n'entendons rien imposer à la collectivité. Nous cherchons , en toute bonne foi , à ouvrir un espace de débats susceptible de permettre à la nation
haïtienne de pouvoir compter sur des prises de décisions vraiment nationales. Oui, c'est dans le cadre d'une Conférence Nationale avec implication du mode scientifique d'approche de la réalité que tout devra se décider si véritablement nous voulons rompre avec les pratiques autocratiques vétustes qui ont causé tant de tort à notre pays et à notre peuple. Si , par des ouvrages, des conférences , des articles publiés dans les journaux, des conférences de presse nous lançons des messages et faisons des propositions, nous ne cherchons qu'à animer un espace de discussions. Nous ne croyons pas avoir la solution idéale à quoi que ce soit. Nous avons , cependant, la
conviction que notre pays ne sortira pas du marasme si nous n'acceptons pas de laisser de côté nos habitudes individualistes d'appréhension de la réalité , les modes surannés de gestion des systèmes et de « management » de la chose publique. Nous devons passer d'une méthodologie vulgaire basée sur les courtes vues individuelles pour accéder aux garanties de l'option participative . Le décideur haïtien des temps modernes doit changer de mode de procéder . Il doit travailler dans la concertation et opter pour la gestion par consensus. Quand les décisions sont produites par des équipes réunies ou dans une dynamique de dialogue entre secteurs, l'on a l'assurance qu'elles sont adéquates et susceptibles d'être respectées. Révolution! Révolution! Révolution!
La révolution que nous prônons doit être pacifique. Elle sera d'emblée méthodologique, si elle veut réaliser toutes ses espérances. Les documents administratifs ou politiques préparés dans les mêmes conditions reproduisent les mêmes idéologies. Jusqu'à la Constitution de 1987, la méthodologie traditionnelle n'a pu enfanter en Haïti que de pâles répliques de constitutions étrangères. Comment s'étonner alors que l'Haïtien instruit ou produit dans un tel cadre, ait la tête tournée vers l'extérieur. La nouvelle constitution haïtienne, celle qui va nous permettre de rompre d'avec la tradition d'une Haïti grande consommatrice de constitutions devra prendre naissance dans le cadre d'une véritable Conférence Nationale, d'un grand débat structuré auquel devront participer tous les secteurs et toutes les couches de la société haïtienne. Au lieu de procéder au jugé en s'appuyant sur un noyau de clercs pour produire un document et appeler le peuple à le plébisciter, nous invitons nos décideurs à ne plus procéder par à coups et à décréter la mise en branle de ce grand débat structuré qui mettra tous les Haïtiens ensemble dans un élan inédit et une mystique
révolutionnaire. Des expériences passées réalisées dans d'autres pays renforcent notre conviction. La dernière Constitution du Mali a été le fruit d'un processus qui a impliqué l'intervention de 1200
délégués de tous le secteurs du pays.
Il nous faut opter pour un système de gestion qui protègent le décideur individuel quelque soit son rang de la pression des « coyotes » internationaux et nationaux. Nous avons assisté à plus
d'un demi siècle d'assistance internationale où l'ensemble des choix ont été dictés par une mentalité haïtienne « ti koulout » , de gens qui pensent en petit ou petitement et l'arrogance des missionnés de la coopération internationale. Il y a des experts qui arpentent certains ministères depuis plus de 20 ans. Aujourd'hui, nous constatons qu'ils n'ont eu que deux réalisations patentes : un salaire individuel assuré pendant un temps relativement long et la destruction des ministères eux-mêmes.
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Le pré requis inéluctable au progrès d'Haïti est l'entente entre tous ses fils. Il nous faut accepter de faire table rase de nos ranc½urs. Il faut tourner dos à la quête incessante et jamais assouvie de justice. Asseyons nous et discutons! La justice ne sera pas par ce que nous n'avons ni les moyens objectifs ni les moyens subjectifs pour donner justice. La quête maladive de justice en Haïti est un nouveau mythe de Sisyphe .

Plus que jamais , nous devons sortir des sentiers battus, fuir les chemins de la puissance et des hégémonies impériales, ouvrir toutes les portes de la nation, sans exception, aux ressortissants haïtiens qui vivent en terre étrangère. Les bénéfices pour la paix, le développement et la prospérité d'Haïti seront incommensurables. De telles démarches jumelées avec un sursaut de tous les c½urs de la nation lancera partout dans le ciel d'Haïti des colombes. Il nous faut, mettre en situation de
dialogue, bourreaux et victimes. L'avènement d'une ère de paix en Haïti paraît, à nos yeux, de plus en plus tributaire d'un geste de courage et d'abnégation. La société Haïtienne doit se résoudre à
offrir le pardon et tendre la main même à ses anciens bourreaux moyennant l'introspection et l'auto reconnaissance publique de leurs fautes et de leurs crimes devant une COMMISSION DE VERITE INDEPENDANTE et au dessus de tout soupçon. Oui, nous devons
effacer le tableau pour commencer à rêver et jouir des fruits de la concorde retrouvée. La révolution doit être pacifique et totale! Elle doit changer notre mode de gestion du territoire, notre système
de gouvernement , nos relations avec nos frères et s½urs de l'extérieur, notre vision de la justice, notre système d'éducation et nos modes de gestions des relations internationales.

Pour finir, nous voulons rappeler à tous que « ce dont Haïti a besoin, ce n'est pas de chefs mais de bâtisseurs d'un vivre ensemble grâce à un nouveau contrat social endogène, fondé sur l'aspiration de tout être humain et de tout peuple à la dignité, au respect des droits, à liberté et à la paix. Même par pur égoïsme ou par instant de conservation, levez vous et embarquez la CHAR de la
Réconciliation nationale haïtienne,
> Notes :
> 1) cf . http://fr.Wikipédia.org

> Professeur Amary Joseph NOEL,
> Coordonnateur Général de la Confédération des Haitiens
> pour la Réconciliation (CHAR)
> E-mail :profamaryjosephnoel@...
> Téléphone : 509-556-6699

# Posté le samedi 07 juillet 2007 16:27

Modifié le vendredi 11 janvier 2008 21:19

LES MAGISTRATS DU PARQUET SONT-ILS MEMBRES DU POUVOIR EXECUTIF?

LES MAGISTRATS DU PARQUET SONT-ILS MEMBRES DU POUVOIR EXECUTIF?
Texte de Me Heidi Fortuné
Juge d'instruction, Cap -Haitien

La délicate problématique des liens du Commissaire du Gouvernement avec le pouvoir exécutif a déjà fait l'objet de maints savants commentaires.

Il est tout d'abord certain que, de quelque pouvoir dont ils soient l'organe, les membres du parquet agissent toujours comme Magistrats, membres du pouvoir judiciaire. C'est mal poser le problème que se demander si les magistrats du parquet sont membres du pouvoir exécutif. Un pouvoir n'a pas de « membres », mais ce qu'il est convenu d'appeler des « organes ».

Les Officiers du Ministère Public agissent comme organes du pouvoir exécutif lorsqu'ils exercent l'action publique ou exécutent les décisions judiciaires, comme organes du pouvoir judiciaire lorsqu'ils assistent le juge et tentent de l'éclairer sur l'interprétation de la loi et sur son application à telle ou telle cause. Ils participent à l'administration de la justice et sont investis d'un pouvoir d'appréciation, tant dans l'exercice des poursuites que dans les avis qu'ils expriment, dans une indépendance qui ne peut être mise en question par aucune autorité politique ou disciplinaire, sous la seule réserve du ministre de la justice d'ordonner des poursuites.

C'est uniquement lorsque les membres du parquet agissent comme organes du pouvoir exécutif qu'ils se trouvent sous l'autorité et la surveillance de leur ministre de tutelle. Cependant, l'autorité de ce dernier ne lui permet pas de les interdire de mettre en mouvement l'action publique, toutefois, il peut les enjoindre de le faire, dans la mesure compatible avec les respects des pouvoirs propres que ces magistrats
tiennent directement de la loi, d'autant que les missions du Commissaire du Gouvernement et ses Substituts sont prévues dans le code d'instruction criminelle.

Naturellement, le Garde des Sceaux de la république peut adresser aux magistrats du parquet des instructions générales dans le but d'assurer l'application de la loi, de coordonner la politique criminelle, d'organiser la défense de l'ordre public. Il est, en effet, responsable de la poursuite de ces objectifs devant le Parlement et ne pourra agir efficacement dans ces domaines qu'avec le concours de ces magistrats qui assurent, seuls, dans leur ressort, la direction des activités des parquets.

Il est donc faux de prétendre que les Magistrats du Parquet appartiennent au pouvoir exécutif ou se situent constitutionnellement dans la hiérarchie du pouvoir exécutif. Le fait qu'ils soient nommés et puissent être révoqués par l'exécutif ne suffit manifestement pas à justifier de telles affirmations. Les Juges aussi sont nommés par l'Exécutif. La révocation d'un magistrat du parquet ne doit avoir lieu sans justification. Et, durant l'exercice de sa fonction, rien ne permet de dire qu'ils appartiennent au pouvoir exécutif ni qu'ils lui sont subordonnés car
la constitution et la loi les placent sans équivoque à l'intérieur même du pouvoir judiciaire.


Heidi FORTUNÉ
Magistrat, Juge d'Instruction
Cap-Haïtien, Haïti

Ce 27 Mai 2007

# Posté le samedi 07 juillet 2007 14:29

Modifié le samedi 07 juillet 2007 14:48